

« Église catholique, protestante, orthodoxe, évangélique, baptiste… » — si ces mots vous ont déjà semblé être un vrai casse-tête, vous n'êtes pas seul. Voici, avec des mots simples, ce qui nous définit et ce qui nous relie aux autres chrétiens.
Plus de 70 ans d'histoire
Notre Église n'est pas née d'un projet sur le papier, mais d'un souffle : celui du Réveil qui a traversé la région dans les années 1950. Depuis, elle a connu des saisons de croissance, des périodes plus difficiles, et de nombreux visages de pasteurs et de familles qui ont, chacun à leur manière, fait grandir cette communauté. Voici, en quelques étapes, le chemin parcouru.
Le Réveil qui touche l'église de Denain au début des années 1950 se propage jusqu'à Cambrai. Une assemblée se forme, d'abord réunie dans un dancing, avec Louis Dorotte comme pasteur-desservant. En deux ans, une cinquantaine de personnes se font baptiser à Denain, l'église mère. En 1955, une maison en ruine du centre-ville est rachetée et transformée en lieu de culte, inauguré le lundi de Pâques au 56, rue des Rôtisseurs.
Georges Guéguen devient pasteur en titre ; l'Église devient autonome et rejoint la FEEBF. Elle compte déjà 80 membres baptisés en 1958. C'est une période de stabilité et d'engagement, marquée notamment par une œuvre de solidarité envers les plus démunis, initiée sous l'impulsion de Mme Guéguen et toujours vivante aujourd'hui.
Un départ de familles en 1968, puis le décès accidentel du pasteur stagiaire Osvaldo Fernandès en 1972, marquent des années difficiles. Trois jeunes issus de l'église de Denain — Alain Roffidal, Patrick Feltyniak et Jacques Roffidal — se relaient alors pour desservir les Églises d'Anzin, Caudry, Cambrai et Denain, avec le soutien d'anciens de toute la région.
Jacques Roffidal, puis son père Henri Roffidal, reprennent le ministère pastoral. Au début des années 1980, un groupe évangélique charismatique de la ville rejoint l'Église : une union durable qui ne s'est jamais démentie depuis. Une œuvre naît aussi à Bohain, portée par la famille Tran Dinh.
À l'automne 1986, Billy Graham prêche par satellite au Marché Couvert de Cambrai devant 800 à 1000 personnes chaque soir. L'impact est tel que l'Église ressent la nécessité d'un lieu plus vaste. En juin 1987, elle acquiert un vaste complexe de plus de 8 000 m², qu'elle va progressivement aménager sur trois salles, de 80 à 800 places.
Les travaux d'aménagement démarrent, portés notamment par Eric et Kristina Furbacken. Anita Pearce, puis la famille missionnaire néo-zélandaise Greg et Joanne Forde, viennent renforcer l'équipe pastorale. Le culte, l'école du dimanche et les groupes de jeunes sont alors bien fréquentés, et l'évangélisation reste au cœur de la vie de l'Église.
Le vaste domaine de 8 000 m², situé au 45 avenue de Valenciennes, devient trop coûteux et trop lourd à entretenir pour la communauté : deux maisons y tombent en ruine, la toiture n'est plus étanche, les fenêtres à simple vitrage sont à refaire entièrement. L'Église fait alors le choix de vendre l'ensemble à un promoteur immobilier, qui y construira des résidences. En juillet 2024, elle rachète à son tour l'église Saint-Jean, avenue du Cateau, dans le quartier Amérique — un édifice catholique cédé par le diocèse — pour y installer sa nouvelle maison.
L'Église compte aujourd'hui soixante-dix membres. Avec le conseil et les anciens, elle continue à prendre toute sa place dans la vie de Cambrai, à travers ses événements, ses activités et son témoignage.
Après avoir quitté le domaine du 45 avenue de Valenciennes, devenu impossible à entretenir, l'Église s'est installée dans l'ancienne église Saint-Jean, avenue du Cateau. Pendant deux années, les bénévoles de la communauté, épaulés par des professionnels, se sont relayés pour rénover entièrement ce nouveau lieu et le mettre aux normes actuelles : électricité, accessibilité, sécurité incendie, isolation et confort des salles ont tous été repensés.
Comme au temps des premiers travaux de 1955 ou de l'aménagement du domaine en 1987, ce chantier a été porté par la même conviction : offrir un lieu digne, sûr et chaleureux, pour que chacun — habitué de longue date ou visiteur d'un jour — puisse s'y sentir pleinement accueilli. Ce que le courage et la foi ont bâti hier, c'est aujourd'hui l'engagement de toute une génération qui le fait vivre et le transmet à son tour.
En images
Pour commencer
Le mot « évangélique » vient du grec evangelion, qui signifie tout simplement « bonne nouvelle ». Une Église évangélique est donc une Église qui place cette bonne nouvelle au centre de tout : Dieu aime chaque être humain, et il a envoyé son Fils Jésus pour lui ouvrir un chemin de pardon et de vie nouvelle.
Le mot « baptiste », lui, précise notre façon de comprendre le baptême : chez nous, on ne baptise pas les bébés. On attend qu'une personne soit en âge de choisir elle-même de suivre Jésus, puis on la baptise par immersion complète dans l'eau — une image concrète de sa nouvelle vie qui commence.
Chaque Église baptiste locale, comme la nôtre à Cambrai, est aussi autonome : elle n'est pas dirigée depuis un siège central, mais gouvernée par ses propres membres, dans un esprit de fraternité. Les Églises baptistes de notre union FEEBF sont congrégationalistes, elles sont attachées au fait que chaque Église locale est responsable de son projet sous la conduite de Christ.
« Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s'augmenta d'environ trois mille âmes. Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. »Actes 2:41-42
Ce qui nous tient debout
Au-delà des différences entre Églises, quatre convictions relient tous les chrétiens évangéliques dans le monde.
La Bible est notre autorité suprême et fiable pour connaître Dieu et savoir comment vivre. On ne la lit pas comme un livre parmi d'autres, mais comme la Parole de Dieu adressée à nous.
« Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner. » — 2 Timothée 3:16La mort de Jésus sur la croix est au centre de tout : c'est là que Dieu a réglé, une fois pour toutes, le problème du mal et du péché qui nous sépare de lui.
« Je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. » — 1 Corinthiens 2:2Être chrétien n'est pas une question d'héritage familial ou culturel : c'est une décision personnelle de se tourner vers Dieu et de recevoir une vie nouvelle par la foi en Jésus.
« Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. » — 2 Corinthiens 5:17Une foi vécue se voit : dans l'amour du prochain, le service, et l'envie de partager cette bonne nouvelle autour de soi, avec respect et sincérité.
« Allez, faites de toutes les nations des disciples. » — Matthieu 28:19Pour y voir plus clair
Toutes ces familles se reconnaissent en Jésus-Christ. Voici, sans jugement, ce qui les distingue dans leur organisation et leurs pratiques.
« Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous. »
Éphésiens 4:4-6Malgré ces différences d'organisation et de sensibilité, toutes ces familles chrétiennes confessent le même Jésus, mort et ressuscité. Chez nous, à Cambrai, vous êtes le bienvenu quel que soit votre parcours ou vos questions — il n'y a rien à prouver pour pousser la porte.

Une communauté chrétienne évangélique baptiste à Cambrai, ancrée dans la Parole et ouverte à tous.